Retour en Afrique.

Cela fait maintenant trois semaines que je suis arrivé au Burkina Faso. Hé oui, j’ai signé avec Géocoton pour travailler au sein de la SOCOMA, l’une des trois sociétés cotonnières qui opèrent dans ce pays. C’est un sacré retour sur le passé. Je retrouve en effet l’Afrique de l’Ouest, la culture du coton et même d’anciens collègues puisque Geocoton a repris les activités de l’ancienne CFDT au sein de laquelle j’avais commencé ma carrière en 1987 !!!!

 

Comme à notre habitude, je suis parti seul dans un premier temps ; en éclaireur afin de tâter le terrain et de préparer un logement.  Le 28 octobre dernier à 4 heures du matin, j’ai donc embrassé Marie-Claire une dernière fois (Pierre dormait encore à cette heure, et je lui avais dit au revoir la veille) et sauté dans le taxi pour Satolas. Deux heures après j’embarquais à bord d’un vol de Bruxelles Airlines pour Bruxelles. Bientôt je volais en direction du continent noir.

 

L’arrivée à l’aéroport de Ouagadougou me replonge immédiatement dans l’ambiance africaine que j’avais laissée il y a six ans. Vérification du carnet de vaccinations et ouverture des bagages … Cela fait bien longtemps que cela ne m’était pas arrivé et pourtant nous en avons traversé des frontières pendant notre séjour au Laos ! Une fois à l’extérieur de l’aéroport, je me retrouve seul ….  la personne qui devait m’attendre arrivera une demi-heure plus tard !!! Pas grave.  Et ce que je peux observer de Ouagadougou pendant le court trajet jusqu’à l’hôtel m’est étrangement familier. Il y a beaucoup de monde dans les rues et surtout beaucoup de motos et mobylettes plus ou moins rafistolées. Les échoppes brinquebalantes sont nombreuses et aux carrefours, des femmes vendent des beignets et autres nourritures tandis  que des jeunes hommes proposent des brochettes de cartes de téléphones, tendues à bout de bras au-dessus du flot de véhicules. Les feux ne sont pas vraiment respectés et les rues qui débouchent sur l’avenue goudronnée sont en latérite Du coup un nuage de poussière flotte sur la ville.

Je suis logé au Laico, ex Libya hôtel. Et oui, il y a encore de beaux restes de la coopération entre le Burkina Faso et la Jamahirya.  L’hôtel est un bel établissement avec des chambres très confortables et une superbe piscine de 33 mètres. Les petits déjeuner sont copieux mais ce que j’apprécie le plus ce sont les jus de gingembre et bissap que je bois avec beaucoup de plaisirs.

 

Dès le 30 octobre, je pars pour Fada et le pays des Gourmantchés à l’est du Burkina où va se dérouler l’essentiel de mon travail. La route qui mène à Fada NGourma est goudronnée et en bon état. Les chauffeurs de nos deux véhicules roulent vite. Trop à mon goût car l’aiguille du compteur flirte allègrement avec la barre des 130 km/h.  Notre route est la voie qui mène aux frontières avec le Togo, le Bénin et le Niger. Nous croisons donc des camions de diverses nationalités : citernes maliennes qui vont jusqu’à Cotonou chercher l’approvisionnement en carburant du Mali et semi-remorques  de commerçants togolais, béninois, nigérians ou nigériens. Les camions ‘empannés’ sur le bas-côté sont nombreux. Les épaves de véhicules accidentés aussi !

Retour en Afrique.

Nous traversons une vaste plaine couverte d’une savane arborée dense. L’herbe est déjà sèche. Des baobabs dominent le reste de la végétation.  

Retour en Afrique.
Retour en Afrique.

Des champs de sorgho et plus rarement de petit mil apparaissent au milieu de la brousse. Les épis  paraissent déjà bien lourds ; les paysans attendent vraisemblablement qu’ils sèchent sur pieds avant de les ramasser. Il y a aussi des champs de sésame. Eux sont encore verts. Leur récolte est en cours et on peut voir des bottes sécher sur des claies ou à la fourche d’un arbre. Ce sont des images qui me renvoient trente ans en arrière quand nous étions au Mali. Surtout les villages. Je retrouve les mêmes cases de banco. Il y a des cases rectangulaires couvertes d’un toit plat recouvert de terre ou de tôles ondulées et des petites cases rondes ou carrées avec leurs toits en chapeau de paille. Les cases d’une même famille sont reliées entre elles par des murs en terre qui ferment la concession familiale.  

Trajet vers Diapaga

Trajet vers Diapaga

Sur la route vers Kompienga

Sur la route vers Kompienga

Les différences avec mes souvenirs ? Les cases peintes aux couleurs des opérateurs téléphoniques, car ici tout le monde posséde au moins un téléphone portable. En fait souvent les gens se déplacent avec deux téléphones ou avec des téléphones à double carte SIM. Il faut en effet jongler entre les réseaux pour obtenir une couverture complète du territoire. J’ai aussi été frappé par la quasi disparition des ‘bâchées’ Peugeot et des camions Mercedes qui ont été remplacés par des véhicules de marques japonaises, coréennes et même chinoises. Les véhicules me semblent aussi être en meilleur état qu’autrefois.

 

Pendant ma première semaine au Burkina j’ai été accompagné par deux personnes du siège de Paris. Avec eux et le DG de SOCOMA, j’ai fait le tour des trois sites qui seront sous ma responsabilité à Fada NGurma, à Diapaga près de la frontière avec le Niger et à Kompienga près de la frontière avec le Bénin et le Togo. Les grands axes goudronnés sont payants. Il y a donc des barrières de péages environ tous les 100 km. Chacun d’entre eux sont le lieu de petits ‘marchés’. A peine arrêtés, les véhicules sont assaillis par des vendeurs, en majorité des femmes, qui proposent des bananes, de l’eau, des gâteaux, des cartes de recharge de crédits téléphoniques, des lunettes de soleil, ……  Il y a aussi de très nombreux contrôles de police, de gendarmerie, d’agents des eaux et forêts et d’agents du trésor qui vérifient que le péage a bien été acquitté. … Voilà une tradition qui n’a pas encore changé !!!!

 

La route vers Kompienga descend plein sud. Elle longe une réserve naturelle. Il y en a plusieurs le long des frontières avec le Niger et le Bénin.  En fait une partie de la zone attribuée à la SOCOMA lors de la privatisation de la filière coton burkinabé est constituée de réserves naturelles. La région est encore très boisée et la faune y est parait-il très riche. Plusieurs campements sont d’ailleurs installés dans cette zone et accueillent les touristes pour  découvrir éléphants, lions, girafes, cobs, bubales, guibs, céphalophes et phacochères.  Voilà qui ravive d’autres souvenirs. !! De part et d’autre de la route, à une vingtaine de mètres dans la brousse, on peut voir des bornes blanches. Elles délimitent des couloirs de transhumance à l’intérieur duquel les paysans n’ont pas le droit de cultiver ou, s’ils le font, à leurs risques et périls. De fait nous verrons de grands troupeaux de zébus qui ont entamé leur périple vers des pâturages plus verdoyants.

Retour en Afrique.

Tout au long de ce premier périple les repas ont été invariablement constitués de poulets et de capitaines braisés plus ou moins assaisonnés de citron, d’oignons et d’ail. On mange bien sûr du riz mais aussi des haricots verts, vestiges de l’époque ou le Boeing du ‘Point Mulhouse’ convoyait les haricots verts vendus sur les marchés français. Banane et pastèque pour tout dessert. Et comme boisson, il y a le choix entre la Beaufort (ma préférée), la Castel, le Flag et le Brakina, toutes des bières brassées sous le contrôle du groupe Castel. Depuis le départ de ces messieurs de Paris, j’ai découvert quelques maquis de Fada où l’on sert aussi des alocos (bananes plantain frites), du riz sauce arachide et du tô de maïs ou de sorgho à la sauce gombo ou à la sauce feuille … mais je vous raconterai ça une autre fois.

 

 

Tag(s) : #Burkina Faso

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