Le 11 décembre est le jour de la Fête Nationale du Burkina Faso. C’est la date anniversaire de la déclaration d’indépendance, il y a 53 ans. Les cérémonies célébrant cet anniversaire sont ‘décentralisées'. C’est-à-dire que, au niveau national, elles sont organisées dans une ville de province et non pas à Ouagadougou. Cette année c’est la ville de Dori, au Nord-Est du pays qui a été choisie. Le président de la République et les plus hautes instances du pays se sont donc déplacées là-bas. Le principe est le même pour le niveau régional et pour la Région de l’Est où se trouve Fada N’Gourma, c’est Diapaga qui a été retenue.  Les autorités régionales se sont donc déplacées dans cette petite bourgade, située près de la frontière avec le sud du Niger et plantée au bout d’une piste pas trop mauvaise et qui avait été resurfacée très sommairement.

La principale activité économique de cette ville est liée à notre usine d’égrenage. A l’occasion de cette cérémonie, un certain nombre de personnes ont été décorées de l’ordre du mérite national, du mérite du développement et d’autres ordres. Les trois principaux cadres de la SOCOMA faisaient partie de ces récipiendaires. Du coup, l’ensemble des cadres de la société et une partie du staff on fait le déplacement. Un patron de Paris et moi-même étions aussi du voyage.

Il fallait arriver avant 9 heures. Nous avons donc quitté Fada à 5 heures. Normalement, la route n’est pas encore ouverte à cette heure matinale à cause des coupeurs de route mais en prévision des déplacements de VIP, la sécurité avait été renforcée et d’aucun affirmait que, pour cette fois, il n’y avait aucun risque. De fait, nous sommes arrivés sans encombre à 8 heures 30. Nous avons rejoint le centre de Diapaga à pied et nous avons été installés au premier rang des invités, sous un chapiteau. Nous étions les seuls blancs, avec un des récipiendaires. Inutile de préciser que nous ne sommes pas passés inaperçus. Je n’ai pas compté combien de fois nous avons été photographiés et filmés mais cela n’a pas arrêté pendant toute la mise en place de la cérémonie. 

Et dire que je n'avais pas osé prendre mon appareil photo !! Les photos qui suivent ont été prises avec mon portables et sont donc de qualité médiocre. Désolé !!!

Fête Nat !

Bien sûr, tout n’était pas prêt à 100 % à notre arrivée. Trois manœuvres traçaient des lignes de repères à la chaux sur  la piste sous la supervision d’un officier de l’armée tatillon. D’autres agrafaient  des guirlandes en papier aux frontons des chapiteaux ? Comme ils utilisaient une agrafeuse de bureau, cela n’a pas tenu très longtemps.

La foule commençait à peine à s’amasser le long de la rue principale, en face de nous. Des vautours se sont perchés sur des poteaux  pour observer la scène. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à ceux des dessins de Luky luke.  Entre la foule des spectateurs et les chapiteaux des officiels, un espace relativement large avait été ménagé. Il était encore vide avec, au centre des faisceaux de kalachnikov. Un groupe de jeunes musiciens de Fada essaie d’animer la scène en jouant de la rumba africaine et des balades.

Puis les troupes se sont mises en place : une escouade de gendarmes en uniforme bleu roi et casquette à large visière, deux sections de militaires portant bérets rouges et tenue léopard sable et vert, une escouade de CRS en robot-cops tout en noir avec leurs plastron et leurs protections sur les jambes, les genoux et les coudes, une section de gardes forestiers, bérets verts et tenue trois tons de verts, une escouade de gardiens de prison avec des bérets gris et des tenues de camouflage deux tons, bleu sur gris bleu, une escouade des douanes avec des bérets noirs et des tenues trois tons sombres, une escouade de la police en tenue beige clair et enfin un petit groupe d’anciens combattants avec un drapeau. 

La mise en place de ces éléments, leur inspection par un officier puis la  revue par un lieutenant-colonel un peu bedonnant, a duré plus d’une heure avant l’arrivée des officiels : directeurs régionaux et provinciaux des services de l’état, hauts commissaires et préfets en tenue d’apparat et, pour finir, le gouverneur de la région de l’Est.  Pendant ce temps des groupes de dignitaires arrivaient en délégation des différents villages aux alentours. Chaque chef de village était accompagné d’un groupe plus ou moins important de vieux du village et de joueurs de tam-tams.  

Fête Nat !

Une minute de silence à la mémoire de Nelson Mandela puis le discours du gouverneur suivi du spectacle d’un groupe de danseurs traditionnels ont précédés la cérémonie de décoration. Il y avait un nombre impressionnant de photographes : quelques pros mais surtout beaucoup d’amateurs avec des petits appareils compacts, des tablettes ou des téléphones portables. La police avait bien du mal à les canaliser.

Fête Nat !
Fête Nat !

Nous, nous étions confortablement assis à l’ombre, relativement au frais, alors que les récipiendaires ont dû rester un certain temps debout en plein soleil …. et en costume pour une partie d’entre-eux .

Fête Nat !

Un défilé militaire et civil a clôturé la fête. Il était ouvert par le drapeau puis par des écoliers et lycéens. Puis sont venus des représentants  de différents groupes socio-professionnels clôturait la fête. J’ai remarqué le groupe des femmes peuhls, calebasses sur la tête, avec de beaux tissus rehaussé de parties dorées qui scintillaient au soleil, l’association des femmes qui nettoient la ville avec leurs balais, les dolotières avec calebasses et gamelles sur la tête, les femmes qui balayent les rues de Diapaga, les bouchers, les planteurs de coton avec des calebasses de coton graines, les agents de l’agriculture avec leur appareils et tenues de traitement, un notable sur son tracteur,.  Ces civils marchaient plus ou moins au pas. Il n’y avait pas vraiment de rigueur militaire. Certains groupes rattrapaient et dépassaient ceux qui les précédaient. D’autres, au contraire, trainaient, creusant des vides au sein du défilé. Des  chefs de groupes marchaient avec leur pancarte sans se soucier de savoir si son groupe suivait ou nom.

Fête Nat !
Fête Nat !
Fête Nat !
Fête Nat !
Fête Nat !

Suivaient, un groupe de masques, un groupe de motards faisant la pub pour des motos chinoises et cet improbable véhicule de fabrication locale.

Fête Nat !
Fête Nat !

Les troupent passent à leur tour et le défilé a ėtė clôturė par le passage d’un groupe d’anciens combattants portant le drapeau. La cérémonie s’est achevée à midi. Comme nous devions être le soir même à Ouagadougou, nous avons fait l’impasse sur les stands d’exposition artisanale et sur les banquets servis en l’honneur des différents groupes. Le staff de la SOCOMA se retrouve à l’usine pour un pot en l’honneur de nos trois collègues décorés. Champagne et riz au gras !!!

Tag(s) : #Diapaga, #Burkina Faso

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