Marie-Claire et Pierre sont venus me rejoindre au Burkina Faso pour les fêtes de fin d’année. Ils sont arrivés le 21 décembre avec deux heures de retard car leur avion a connu une panne sur le circuit hydraulique lors de l’escale de Niamey. Décidemment Air France n’est plus ce qu’elle était !!!  Le lendemain nous partons tous les trois avec Salia pour Fada. A leur arrivée, Marie-Claire et Pierre qui ont soif ont juste le temps de découvrir Youki, l’eau gazeuse locale (que l’on continue d’appeler Bullvit, son ancien nom) et de sortir les friandises et les cadeaux de leurs valises. C’est Noël !!!

Baobab sacré et fétiches gourmantchésBaobab sacré et fétiches gourmantchés

Mais pas de temps  à perdre car je leur ai concocté un programme serré pour découvrir le Burkina Faso. A 15 heures nous retrouvons Isabelle, la volontaire qui travaille sur le projet d’écotourisme de l’AFAUDEB. Avec elle se tient Noël, un enseignant issu d’une importante  famille de Fada qui va nous initier à la culture gourmantché. On s’entasse dans la petite Suzuki pour un tour dans la ville.

Premier arrêt près du lac. Là, à l’ombre d’un beau tamarinier au pied duquel s’élève une termitière, Noël nous explique les grands principes de l’animisme gourmantché et comment ces pratiques influent sur le choix des rois. Il  nous parle aussi des sociétés d’initiés aux pouvoirs occultes importants. Le choix de ce tamarinier n’est pas innocent, bien évidemment, car le lac juste à côté est l’un des lieux sacrés. C’est là que réside, l’esprit du crocodile,  l’un des 33 fétiches qui protègent la ville de Fada et auxquels les prétendants au titre de roi doivent sacrifier, à tous, en une  journée.

Baobab sacré et fétiches gourmantchés

Nous nous enfonçons ensuite dans le quartier de Fada Dori, de l’autre côté du lac. C’est ce quartier qui est à l’origine de la fondation de Fada N’Gourma. On y trouve la résidence royale de l’ancienne lignée royale, le cimetière où reposent les reines de cette lignée et le fameux baobab sacré. C’est un bel arbre assurément, qui se dresse fièrement au centre d’un espace dégagé entre les concessions.

Baobab sacré et fétiches gourmantchés
Baobab sacré et fétiches gourmantchés

La légende affirme que Yendabili, l’un des premiers rois de Fada aurait échappé à ses poursuivants en montant sur ce baobab avec son cheval et en disparaissant une fois la haut.  Et la preuve que cette croyance est véridique c’est que l’arbre porte encore les marques du sabot du cheval royal !!! Noël nous racontera aussi l’histoire de ce roi et du magicien qui l’a aidé à remporter une victoire importante sur ses ennemis, puis qui a préféré se retirer en voyant la violence et la barbarie de son protégé.

Baobab sacré et fétiches gourmantchés
Baobab sacré et fétiches gourmantchés

L’après-midi est déjà bien avancée lorsque nous nous entassons de nouveau dans la voiture et que nous partons en direction de la Colline de Nalambou. Cette colline latéritique de deux cents mètres de hauteur est située à quelques kilomètres à l’extérieur de la ville. Elle abrite un autre des fétiches, un morceau de rocher de la colline sacrée de Pama, lieu d’où venaient les rois gourmantché. Nous nous perdons dans la savane arbustive. Salia se fraye un chemin complètement hors-piste au milieu des acacias avant de trouver une piste mieux tracée et de nous déposer au pied de Nalambou.

La pente est raide mais l’ascension n’est pas difficile. Il faut juste faire attention à ne pas déraper sur les gravillons de latérite. Avant de commencer à grimper il faut lancer, chacun trois cailloux sur les rochers pour avertir les esprits de notre arrivée.

Baobab sacré et fétiches gourmantchés
Baobab sacré et fétiches gourmantchés

Au sommet, la vue sur la plaine de Fada est belle. Il n’y a aucun bruit et, comble du luxe, il ne fait pas chaud. On est bien là-haut et nous nous asseyons sur les rochers pour écouter Noël nous conter l’histoire des rois gourmantchés. Quel dommage que nous n’ayons pas emporté de quoi l’enregistrer car nous avons, hélas, quasiment tout oublié déjà. Pourtant c’était très intéressant.

Baobab sacré et fétiches gourmantchés

Nous n’avons pas fait attention au temps que nous avons passé à écouter notre "professeur" mais le soleil se couchait lorsque nous avons entamé la descente pour retrouver Salia et la voiture. Noël nous montre le lieu où se font les sacrifices au fétiche. Les plumes au sol indiquent que cette pratique est toujours actuelle.

Baobab sacré et fétiches gourmantchés

Pour clore cette journée nous prenons un pot au maquis "les manguiers". En fait on poursuit la discussion sur la culture gourmantché, confortablement installés sous les manguiers. Salia qui s’est joint à nous, apporte son grain de sel. L’histoire de cette population dans la région de Bobo dont les membres ne peuvent mourir que dans leur village nous ravit. Si l’un des membres de cette communauté, vient à trépasser loin du village, deux sages partent sur le lieu du décès et ils le ressuscitent. Le mort, tel un zombie, va prendre le bus, le train ou simplement marcher encadré par les deux sages et sans jamais prononcer un mot. Il s’effondrera, définitivement mort, une fois arrivé devant le village !!

 

Enfin, j’emmène Marie-Claire et avant d’aller manger un poisson braisé au Jardin de l’Est. .. avec un marron glacé en guise de dessert une fois de retour dans nos chambres. Merci julien et Colette !!!

Tag(s) : #Fada N'gurma, #Burkina Faso

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