J’avais prévu d’enterrer 2013 dans l’un des campements de chasse qui sont installés autour de Pama. Dans le sud de la Région de l’Est, près de la frontière avec le Bénin, il y a de grandes zones qui sont soient classées en réserves totales comme le parc d’Arly, la réserve de Singou et le fameux parc international du W, ou qui sont des réserves cynégétiques où la chasse est autorisée mais strictement encadrée. Dans ce cas elles sont gérées par des communautés villageoises et on peut y pratiquer la ‘petite chasse’ au gibier à plumes, phacochères et petites biches comme les céphalophes. Il y a aussi de grandes concessions de chasse gérées par des privés où les touristes viennent chasser le gros gibier : buffle, antilopes et lions. Les quotas d’abattages sont limités et les chasseurs sont obligatoirement accompagnés par un guide agrée ‘grande chasse’ qui les encadrent et désignent l’animal qui peut être tué. Il y a une petite dizaine de campements dans cette zone qui exploitent le tourisme lié à la chasse ou à l’observation des animaux.  Nous avons choisi le campement du buffle tout près de Pama. Bien évidemment, il n’est pas question pour nous de chasser mais il est possible de partir en safari vision dans la réserve.

 

Le 31 décembre, nous partons tous les trois à 8 heures avec Salia, le chauffeur. C’est pour moi une journée de travail et j’entraine Marie Claire et Pierre jusqu’à Kompienga. Avec un agent de terrain nous visitons deux marchés de coton. L’un des président de groupement nous offre un poulet. C’est la tradition chez les gourmantchés en signe de bienvenu pour les visiteurs. 

Juste  ces deux photos aujourd’hui car j’ai bien l’intention de rédiger plus tard un autre article sur le coton

	Réveillon au campement du buffle	Réveillon au campement du buffle
	Réveillon au campement du buffle

Nous passons ensuite sur l’usine d’égrenage que nous visitons en compagnie de Jérôme, le Chef d’Usine. L’usine tourne bien et il y a de nombreux camions en attente devant sa porte. Jérôme propose à Pierre de l’embaucher comme égreneur. Plaisanterie sans doute, mais il est réellement dans le besoin car la Direction Industrielle vient de lui piquer deux égreneurs pour les affecter au garage. Décision pour le moins surprenante en période d’égrenage … mais bon, passons !!

	Réveillon au campement du buffle

A 13h30, Salia nous dépose au campement du buffle avant de repartir pour FadaN'Gurma avec le poulet.  Nous, on aura droit à des steaks de cob de Buffon. Très tendres.  Au campement, c’est une formule, menu unique pour tous les convives. Et c’est très bien ainsi. D’autant que le cuisinier est doué et nous avons apprécié sa cuisine pendant notre court séjour.

Nous prenons possession de nos chambres pour une courte sieste climatisée. Le campement est donné pour l’un des plus confortables. Et c’est vrai que les chambres sont agréables. Elles sont vastes, confortables et décorées avec goût. Les bungalows sont répartis dans un parc arboré autour d’une belle piscine. Seul bémol : la climatisation ne peut être branchée que pendant quelques heures l’après-midi et surtout il n’y a plus aucune lumière passé minuit. Pierre qui voulait ressortir observer le beau ciel étoilé n’a pas vraiment apprécié le noir absolu dans lequel était plongé le campement. Ce n’est pourtant pas bien difficile de maintenir un minimum éclairage disponible avec des panneaux solaires.

Nous ne sommes pas les seuls occupants de notre chambre : un gecko se cache derrière l’armoire en bambous et sort furtivement pour attraper des insectes attirés par la lumière.

	Réveillon au campement du buffle
	Réveillon au campement du buffle

En fin d’après-midi, nous embarquons sur le plateau aménagé d’un Defender 110 pour une première sortie dans la réserve de chasse en compagnie d’un chauffeur et d’un pisteur. Celui-ci emporte avec lui un calibre 12 par précaution. Nous circulons dans une jolie savane parfois dense qui ne facilite pas la vision des animaux.

	Réveillon au campement du buffle
	Réveillon au campement du buffle	Réveillon au campement du buffle
	Réveillon au campement du buffle

Les baobabs sont moins nombreux que dans les zones de culture et nous nous apercevons vite qu’ils sont souvent très abimés à leur base à l'image de celui ci dessous. Le pisteur nous apprend que ce sont les dégâts des éléphants qui mangent la fibre des troncs et qui finissent par mettre à terre ces arbres magnifiques... les éléphants peuvent être des invités encombrants  

	Réveillon au campement du buffle
	Réveillon au campement du buffle
	Réveillon au campement du buffle

Des feux précoces allumés par zone permettent de limiter les risques de feux de brousse sévères. Après le brûlis, il y a moins de paille et la vision des animaux est plus facile. De belles fleurs jaunes sortent à ras le sol après le feu qui a aussi provoqué la floraison de certains arbustes qui portent des fleurs. Leurs fruits sont comestibles mais, heu… nous n’avons pas goûté.  La ballade est belle mais nous ne verrons pas beaucoup d’animaux ; quelques cobs de Buffon, deux buffles, une petite troupe d’éléphants et des hippotragues solitaires aperçus de loin

	Réveillon au campement du buffle	Réveillon au campement du buffle
	Réveillon au campement du buffle

Retour a campement à la nuit tombée après un beau coucher de soleil sur la savane. Le soir réveillon au bord de la piscine. On boit la bouteille de champagne ramenée de France par marie Claire et Pierre en accompagnement d’un couscous et de desserts. Aucun des clients ne restera éveillé jusqu’à minuit car tout le monde se lève aux aurores le lendemain.

	Réveillon au campement du buffle
	Réveillon au campement du buffle

Le lendemain, le réveil à 5 heures du matin est difficile. C’est, qu’à l’instar du groupe de chasseurs, nous repartons dans la savane dès le petit déjeuner avalé. Il fait frais, voire même froid dans les bas-fonds et les zones plus boisées. Nous supportons pulls et polaire. Partis dans la pénombre, nous sommes vite rattrapés par le soleil.

	Réveillon au campement du buffle

Comme la veille, le land-rover cahote sur les sentes qui sillonnent la savane. Les paysages sont très beaux. En particulier, nous commençons notre safari en traversant une zone où des petits inselbergs de granit émergent de la végétation. Ce sont des chaos de gros blocs de pierre grise. Des baobabs sont accrochés sur les plus importants : là au moins ils sont hors d’atteinte des éléphants

	Réveillon au campement du buffle
	Réveillon au campement du buffle
	Réveillon au campement du buffle
	Réveillon au campement du buffle

Nous avons plus de chance, ou bien l'heure est elle plus propice aux mouvements des animaux, mais nous en rencontrons beaucoup plus que la veille. Un buffle solitaire se laisse observer longuement avant de prendre la fuite.  Nous débusquons des troupes d’hippotragues et de cobs de Buffon ainsi qu'un guib harnaché qui restera 5 bonnes minutes caché dans les herbes avant que nous réussissions à le voir. Heureusement que le pisteur a un meilleur œil que nous !!! Par contre c’est Pierre qui aperçoit le premier ce clan de cynocéphales

	Réveillon au campement du buffle
	Réveillon au campement du buffle
	Réveillon au campement du buffle
	Réveillon au campement du buffle
	Réveillon au campement du buffle

A la recherche des bubales, nous mettons pied à terre et, à la suite du pisteur, armé, nous grimpons sur une colline de latérite. Une troupe d’urebi, des petites antilopes, s’enfuie à notre approche. Comme à chaque fois, nous n’apercevrons d’elles que leurs postérieurs bondissant par-dessus les hautes herbes dans leur fuite. toujours pas de bubales mais une très belle vue sur la savane environnante avec des kapokiers en fleurs.

	Réveillon au campement du buffle
	Réveillon au campement du buffle

Retour au campement pour le déjeuner : une salade de tomate et un tournedos de buffle succulent. Avec, en prime de la tarte aux pommes pour le dessert. Après la sieste nous ressortons avec le même équipage. Nous traquons les bubales et les lions à la saline (un affleurement de terre salée fouillée par tous les animaux de la brousse) et sur un bowal couvert d’herbe jaune. Mais les animaux ont encore beaucoup de points d’eau à leur disposition. Ils ne viennent donc pas encore se regrouper autour des grandes mares. On aperçoit des antilopes mais pas de bubale et surtout pas de lion. Ce ne sera pourtant pas faute d’avoir observé leurs empreintes dans le sable. 

	Réveillon au campement du buffle	Réveillon au campement du buffle
	Réveillon au campement du buffle

Les oiseaux sont aussi là : petits calaos longibande, grands calaos noirs, guêpiers verts, merles métalliques et surtout les magnifiques rolliers d’Abyssinie aux livrées bleues éclatantes. On peut aussi observer un groupe d’éléphants de près. De trop près sans doute car il y a au moins un petit et la matriarche finit par prendre ombrage de notre présence et se met à charger le véhicule. Elle nous poursuit quelques instants avant de s’arrêter.

	Réveillon au campement du buffle	Réveillon au campement du buffle
	Réveillon au campement du buffle

Une nouvelle fois, nous rentrons au campement à la nuit. Nous profitons de la dernière soirée dans ce lieu bien agréable car demain matin nous prenons la route pour un périple de deux jours.

 

	Réveillon au campement du buffle
Tag(s) : #Pama, #Burkina Faso

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