La campagne d'achat du coton

En octobre, les champs de coton commencent à se couvrir de blanc. Les capsules (le fruit du cotonnier) arrivent à maturité et elles s’ouvrent laissant apparaitre les fibres de coton qui sont attachées aux graines.

La campagne d'achat du coton
La campagne d'achat du coton

La récolte commence lentement car les paysans donnent bien évidemment la priorité à la récolte des cultures vivrières : maïs, sorgho et mil. Même le sésame passe avant le coton car s’il sèche sur pied, les capsules s’ouvrent en éclatant et les précieuses graines se dispersent dans le champ.

En Afrique, le coton est récolté manuellement. C’est ce qui faisait sa réputation par rapport au coton récolté mécaniquement comme aux USA. Il faut passer plant par plant et, capsule par capsule pincer les fibres de coton du bout des doigts pour dégager le coton et les graines de la capsule en tirant sur les fibres. Sil la capsule est vraiment mure, le coton se détache facilement. Sinon, il reste accroché.  C’est un travail qui est long et qui mobilise toute la famille du planteur, y compris les enfants !!! Avec l’accroissement des surfaces cultivées par chaque paysan, la main d’œuvre familiale ne suffit souvent plus, et il faut faire appel soit à de la main d’œuvre extérieure à l’exploitation, soit à des associations d’entraide comme les groupements de jeunes pour récolter rapidement tout le coton. Dans ces cas, les cueilleurs n’apportent plus le même soin à la récolte et la qualité du coton s’en ressent : il y a plus de capsules immatures, de feuilles et de débris végétaux qui sont mélangées avec le coton de bonne qualité.

Après la récolte, le coton est gardé en  tas sur les champs ou ramené dans des cases dans la concession. Ce planteur qui pose fièrement devant sa récolte est le président d’un groupement de planteurs. Il a cultivé cette campagne, 8 hectares et récolté plus de 10 tonnes.

La campagne d'achat du coton

Quand la récolte est suffisamment avancée, la société cotonnière donne le coup d’envoi de la campagne d’achat. Au jour d’aujourd’hui, ce sont les groupements de producteurs  qui s’organisent et assurent la commercialisation primaire du coton par le biais de marché autogérés.

 

Le groupement définit le lieu du marché. Ce doit être une place suffisamment vaste pour recevoir les tas de coton de tous les membres du groupement, sans arbre pour éviter que des feuilles mortes viennent salir le coton, suffisamment éloigné des cases pour réduire les risques d’incendies.  Chacun des planteurs va transporter son coton jusqu’à cette place. On croise alors souvent des charrettes chargées de coton sur les pistes.

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Voilà à quoi ressemble un marché de coton prêt à démarrer les pesées

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Quand le groupement est prêt, il appelle la société cotonnière. Un agent vient contrôler la qualité du coton et s’assurer que le matériel de pesée, les bâches d’achat et les documents d’enregistrement sont disponibles. De nombreux groupements disposent de leur propre bascule en propre ou à plusieurs groupements. Sinon ils doivent attendre qu’une des bascules de la société soit disponible. Quand le feu vert est donné, les paysans commencent à remplir les bâches d’achat. Ils ont imaginé des moyens astucieux comme pour charger le plus de coton possible dans une bâche.

La campagne d'achat du coton
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Pour comprendre pourquoi un planteur peut passer 3 heures pour tasser et entasser jusqu’à 300 kg de coton dans un carré de toile de 1 mètre de côté il faut expliquer le fonctionnement du marché coton. Le groupement pèse individuellement le coton apporté par chaque planteur. Le poids de chaque bâche est scrupuleusement noté sur des cahiers et reportés sur des fiches d’achat.

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Une fois pesées, les toiles sont vidées sur un même tas. Le coton de tous les planteurs est donc mélangé avant d’être chargé en vrac dans les camions. Le camion sera pesé sur un pont bascule à l’arrivée à l’usine et c’est sur la base du poids usine que le groupement est payé. Si le poids du camion est inférieur au total des pesées individuelles, cela crée des palabres entre les membres du groupement. Pour éviter cette situation, les groupements déduisent deux kilos du poids de chacune des toiles : un kilo correspondant à la tare et un kilo pour éviter les manquants. Plus les toiles d’un planteur sont remplies, moins il en présente à la pesée et moins le groupement lui déduit de coton.  Record battu avec cette toile pesée à 380 kilos !!! Mais elle était tellement grosse qu’elle ne tenait pas sur la bascule. Pas sûr que la pesée ait été très fiable dans ces conditions !!!

La campagne d'achat du coton
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Pour combattre ces pratiques qui usent prématurément le matériel, les sociétés mettent en place des pesons plutôt que des bascules mais on arrive quand même à des bâches de 300 kilos quand même.

 

Les tas de coton font de moelleux matelas pour se reposer !!!

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Le camion arrive lorsque les pesées sont terminées. Il faut alors remobiliser les villageois pour charger le coton. Il faut remplir de nouveau des toiles, les balancer dans la remorque ou d’autres manœuvres vont les vider et tasser le coton. Encore un sacré boulot !!!

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Le chargement d’un camion de coton est haut. Dans ces conditions il n’est pas facile de conduire un semi-remorque sur des pistes de brousse défoncées et étroites. Il faut de sacrément bons chauffeurs : respect comme on dit !!

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A l’usine, après la pesée au pont bascule, les camions se mettent dans la file d’attente pour passer à l’aspiration. Des manœuvres grimpent sur les chargements pour manier les télescopes qui aspirent le coton et l’envoient vers les égreneuses.

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Je ne vais pas vous faire un speech technique sur le process d’égrenage. Pour faire simple, on va dire que dans les égreneuses séparent la fibre des graines. La fibre est ensuite nettoyée des débris végétaux avant d’être pressée en balles de 225-240 kilos.

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Les balles sont protégées par une chaussette en polypropylène marquée du logo de la société, du poids et grade.

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Les balles de fibre sont entreposées sur de vastes aires en attendant leur chargement sur des camions qui les emporteront jusqu’au port de Cotonou au Bénin.

 

Les graines, elles sont mises en sacs de 40 kg ou directement chargées en vrac sur des camions à destination de l’huilerie de Bobo Diolasso.

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Tag(s) : #coton, #Burkina Faso

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