Après les avoir attendues de longues semaines, les pluies se sont enfin installées sur la Côte d’Ivoire. Il pleut maintenant beaucoup …  peut-être même  un peu trop. Ces deux dernières semaines il a plu quasiment sans discontinuité. Je sais, les paysans ne sont jamais contents, c’est bien connu !!!!  N’empêche, en partant en brousse ce jeudi, j’ai embarqué ma paire de de bottes en caoutchouc dans le coffre de la voiture, au cas où …  l’expert cacao qui nous appuie est actuellement en mission chez nous et je l’ai accompagné ce jeudi et vendredi dans le sud Est de la Côte d’Ivoire,  entre Abouasso et Maféré, à proximité de la frontière avec le Ghana.

 

Ce jeudi, nous partons en direction de Dibi et Koffikro, deux villages à l’écart des grands axes routiers et où nous avons prospecté pour lancer un programme de cacao Bio. Nous avons déjà rencontré les populations et les autorités des villages et même recensés plus de 500 planteurs intéressés et géo-localisé leurs parcelles. Notre objectif, cette fois ci, est d’aller visiter plusieurs de ces parcelles pour évaluer la faisabilité de leur conversion à l’agriculture biologique et expliquer aux planteurs la démarche du projet.  Je partage avec vous quelques photos en vrac, prises lors de cette tournée

 

Bien qu’il jeûne, c’est Ismael qui nous conduit. Hé oui, le Ramadan a commencé depuis bientôt deux semaines. Nous partons tôt d’Abidjan comme d’habitude. Il n’est pas encore 9 heures quand nous traversons le pont de Moosue qui enjambe la Comoé juste avant son embouchure. Le  lit du fleuve est envahi par les jacinthes d’eau.  En fait, le fleuve ne se jette pas directement dans la mer mais dans une lagune.

Une tournée les pieds dans l’eau
Une tournée les pieds dans l’eau

Un peu plus loin, on doublera cette voiture chargée de plants d’hévéas. Un pick-up aurait été mieux approprié. Je ne veux pas imaginer dans quel état sera à voiture après. Pas sûr non plus que les plants auront voyagé dans les meilleures conditions.

 

Arrivés au village d’Akressi, nous quittons la route « bitumée » pour emprunter une piste  qui part vers l’est. Elle traverse des plantations de bananes de la société Canavèse. Les boules sur les fils électriques c’est pour l’hélico qui épand les pesticides.

Une tournée les pieds dans l’eau
Une tournée les pieds dans l’eau

Une partie des parcelles sont inondées. Ce n'est pas bon du tout. Le bananier a besoin de beaucoup d'eau mais c'est n'est pas du riz flottant et il supporte mal une inondation prolongée. C’est sans doute pour remplacer des parcelles trop exposées aux inondations que des terres en hauteur ont été défrichées pour planter de nouvelles bananeraies.  Il ne s’agit sans doute pas de défriche forestière. Au mieux des jachères de longue durée mais quand même, c’est triste de voir un terrain dénudé de la sorte. Les jeunes bananiers sont déjà plantés et les tuyaux d’irrigation installés.

Une tournée les pieds dans l’eau
Une tournée les pieds dans l’eau

Je pense que ce lac est en fait une retenue d’eau pour l’irrigation des bananeraies. Au premier plan une école de brousse rudimentaire.

Une tournée les pieds dans l’eau
Une tournée les pieds dans l’eau
Une tournée les pieds dans l’eauUne tournée les pieds dans l’eau

Il n’y a pas que les plantations qui sont inondées. La piste l’est aussi. Heureusement elle est régulièrement entretenue par la société bananière et nous passons sans difficultés. Par contre nous décidons de ne pas nous rendre à Koffikro et de nous arrêter à Dibi. La piste entre ces deux villages n’est pas entretenue aussi régulièrement et il y a plusieurs côtes à franchir. Quand elle est très humide, la latérite devient très glissante. Il y a de fortes chances que nous ne puissions pas gravir ces côtes. Le pire serait de rester coincé entre deux côtes par une pluie. Par téléphone nous demandons aux planteurs de Koffikro d’envoyer une délégation nous rejoindre sur Dibi.

 

Un maquis à l’entrée de Dibi. Un togo, c'est une pièce de 100 CFA. 5 togo désigne, si je ne me trompe pas, le billet de 500 CFA. c'est le prix d'une bière Bock.

Une tournée les pieds dans l’eau
Une tournée les pieds dans l’eau

Après 2 heures de discussions avec des producteurs de cacao, nous partons visiter des plantations. Ce sera l’occasion de vérifier que dans cette zone, berceau de la production cacaoyère de Côte d’Ivoire, l’hévéa a supplanté le cacao. Ne vous méprenez pas. Même si la photo précédente donne l’impression d’une végétation luxuriante, les arbres que vous apercevez sont, pour la plupart soit des hévéas soit des cacaoyers.

Cet arbre est un jeune baobab. C’est plutôt rare dans la zone. Le planteur qui habite dans ce campement est malien et il a apporté avec lui un peu de son pays. Du coup j’ai ressorti les brides de bambara qui me restent. Mes salutations en bambaras ont beaucoup amusé le planteur et son épouse.  

Une tournée les pieds dans l’eau
Une tournée les pieds dans l’eau

Ces fleurs sont celles d’un colatier. Voilà un arbre qui, par contre, est bien dans son habitat habituel.

Il reste encore pas mal de caféiers en mélange avec les cacaoyers. En tous cas plus que dans d’autres régions de la zone cacaoyère. Les arbres sont chargés de cerises vertes.

Une tournée les pieds dans l’eau
Une tournée les pieds dans l’eau
Une tournée les pieds dans l’eau

Ce torrent qui coule en bas d’une plantation sera réduit à un filet d’eau dans quelques mois. En attendant, les dernières pluies l’ont gonflé et il a inondé le bas de cette plantation. Les cacaoyers supportent encore plus mal que les bananiers d’avoir les pieds dans l’eau. Nos visites de plantations nous amènent jusqu’au village de Bouégné. Petit village perdu au milieu des plantations

Une tournée les pieds dans l’eau
Une tournée les pieds dans l’eauUne tournée les pieds dans l’eau

Mieux vaut ne pas s’écarter de la piste. Cette foreuse s’est fait prendre au piège. Il a beau avoir quatre roues motrice, ce camion n’est pas prêt de sortir de la baignoire de boue dans laquelle il s’est enfoncé. En tous les cas, pas sans l’aide d’un engin forestier puissant.

 

En fin d’après-midi nous partons pour trouver une chambre à Assinie. Ce sera le Cocoé Lodge, sur la lagune. Un luxe pas dans les habitudes de mes missions en brousse et que je dois à la présence de notre invité. En toute honnêteté, je ne suis pas mécontent. Petit déjeuner, le lendemain au bord d’une lagune déserte. Quel calme.

Une tournée les pieds dans l’eau

La deuxième journée de cette mission est consacrée à une formation sur la taille des cacaoyers. Départ matinal pour notre centre de fermentation de Toliesso. Cela fait déjà un bon moment que je ne m’y suis pas rendu et j’ai la désagréable surprise de voir qu’une entreprise minière s’est installée et est en train de raser des hectares de végétation pour installer une mine d’or. Là, on parle de défrichements à une autre échelle que ceux pour implanter la bananeraie de la veille. Et puis la mine va bouleverser non seulement le paysage (au sens écologique du terme) mais aussi l’environnement économique. Il va être compliqué de trouver des manœuvres pour travailler sur le centre de fermentation ou dans les plantations

Une tournée les pieds dans l’eau
Une tournée les pieds dans l’eau

Un autre maquis dans un petit village avant Toliesso toujours à l'enseigne du CFA. Pourtant on gagne rarement de l'argent en fréquentant les maquis. Cest plutôt l'inverse.

 

 

 

Une tournée les pieds dans l’eau

En Côte d’Ivoire, les planteurs ont souvent laissé filer les cacaoyers en hauteur. Ils atteignent facilement 5 mètres. Non seulement la récolte est plus difficile mais surtout une partie des éléments nutritifs puisés dans le sol sont utilisés pour produire du bois et des feuilles. En taillant les arbres pour leur conserver une hauteur de 2,5 à 3 mètres, on favorise la production de cabosses. Il faut donc rabattre les arbres mais de manière progressive pour ne pas trop compromettre la récolte en cours. Compromis délicat à trouver pour certains cacaoyers qui ont filé tout droit. Il faudra le faire en plusieurs fois. On utilise des élagueuses. Ce sont en fait des petites tronçonneuses montées sur des perches télescopiques.

La jeune femme qui guide de la main, est l’une de nos agronomes. L’homme avec un casque est l’un des paysans relais chargé de former les producteurs aux Bonnes Pratiques Agricoles. L’homme en blanc, c’est Ismaël, notre chauffeur qui a voulu s’essayer au maniement de la tronçonneuse.

Une tournée les pieds dans l’eau
Une tournée les pieds dans l’eau

Avant de repartir pour Abidjan, nous partageons un repas en semble. Il y a des carpes noires, du poulet braisé, de l’atiéké et du riz.  Pour moi ce sera poulet et riz. Ismaël réclame pour moi un peu de piment en affirmant que son patron était « tropicalisé ». Quand je vois arriver l’assiette avec le piment frais, je n’ai pas besoin de le goûter pour savoir qu’il sera … puissant. Et de fait il est « garçon » comme on dit ici. Mais avec un bon goût et de la longueur en bouche. Je vous rassure, je n’ai pas fini l’assiette !!!

Une tournée les pieds dans l’eau
Une tournée les pieds dans l’eau
Une tournée les pieds dans l’eau

Vendeuses de fanes de patates douces sur le bord de la route. Les fanes de patates sont utilisées, entre autres, dans la sauce feuilles. C'est un des must en Afrique de l'Ouest. C'est une sauce nourrissante avec viande et poisson fumé qui accompagne riz ou foutou. J'ai recopié la recette sur le site de recettes africaines (http://www.recettesafricaine.com) et vous trouverez ici un lien vers la vidéo de préparation .de la sauce feuille façon Guinée.. pour ceux que cela tente !!!

Ingrédients:

  • 500 g de feuilles de patates douces, lavés et finement hachés
  • 400g de viande, coupé en cubes
  • 1 poisson frais, le vivaneau ou le tilapia
  • 4 gombos freshes, coupés finement
  • 200ml d'huile de palme
  • 1 gros oignon, haché
  • 1 cube de bouillon ou du Maggi cube
  • 1 bouquet d’oignon vert, finement coupé
  • Sel, au goût
  • 1 poisson fumé, facultatif
  • 1 cuillère à soupe d'écrevisses pilés
  • 3 tasses d'eau

Préparation de la sauce feuilles de patate:

1 - Dans une marmite ajoutez la viande, le poisson et 1 tasse d'eau. Faire bouillir pendant 10 minutes ou jusqu'à ce que le poisson soit cuit.

2 – Retirez le poisson et de réservez. Ajoutez les feuilles de patate avec le reste d'eau.

3 - Ajoutez l'huile de palme, l'oignon, l’oignon vert, le cube de bouillon et laissez cuire pendant 10 minutes.

4 - Retirez les os du poisson frais et si vous ajoutez le poisson fumé le laver et le couper en morceaux.

5 - Dans la marmite, ajoutez les poissons , les écrevisses et laisser mijoter pendant 10 minutes.

6 - Incorporer les gombos et faites cuire pendant 20 minutes ou jusqu'à ce que vous pouvez voir l'huile sur le dessus. Incorporer le sel et le piment à votre goût.

Servez la sauce avec du riz ou du FouFou et Bon Appétit!

Pour bien réussir cette sauce:

Lavez les feuilles de patate très bien et coupez-les aussi petit que vous le pouvez.

L’Ajout des crevettes ou des écrevisses est facultative, mais rend il rent la sauce super bon gout que je vous conseille d’en ajouter toujours .

Tag(s) : #Côte d'Ivoire, #Dibi

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