Vendredi 25 Novembre : j’accueille Pierre à l’aéroport d’Abidjan. Il est venu passer une dizaine de jours avec moi en Côte d’Ivoire.  C’est super. Dès le lendemain nous partons en brousse.  Il s’agit d’une excursion vers Taabo organisée par l’association Afric Art : un groupe de jeunes qui fait la promotion d’artistes et d’artisans ainsi que du tourisme en Côte d’Ivoire. Le point de rendez-vous est à 13 heures devant l’église Saint Jean de Cocody. J’ai le temps de faire un footing et le marché avec Pierre.  Les 4 jeunes de Afric Art qui partent avec nous sont bien sympathiques mais leur organisation …. Heu, … manque un peu de rigueur.

Déjà, choisir Saint Jean pour un rendez-vous un samedi, c’est osé. Le quartier est toujours embouteillé mais en plus, le samedi, les mariages se succèdent à la mairie de Cocody toute proche. Pas facile de se garer dans le coin ! Pour pimenter l’affaire, certains tickets pour l'excursion sont imprimés avec une heure de rendez-vous fixé à 13 h quand d’autres indiquent 13 h 30 !!! Bref, on part en ordre dispersé dans 4 voitures. Un deuxième point de rendez-vous était le premier péage sur l’autoroute du Nord. Normalement les véhicules s’attendent après le péage. Mais nous, nous stationnons sur le parking réservé aux agents du poste de péage, avant la barrière. Du coup c’est un peu la panique parmi des agents de sécurité. Heureusement, nous sommes en Afrique !! Trois autres voitures et deux personnes arrivant en taxi depuis Abidjan, nous rejoignent là, dont mon collègue Olivier. Il éclate un pneu contre une ferraille entreposée sur le parking !! Quel démarrage !!!! Finalement ce n’est qu’au deuxième péage, où l’on retrouve deux autres véhicules, que notre groupe se retrouve au complet.

Nous somme 23 et outre mon collègue, sa femme et sa fille, je retrouve parmi les participants : la représentante pays d'une ONG hollandaise avec laquelle nous collaborons étroitement, la représentante d'un courtier en assurance avec laquelle nous développons une offre de couverture  santé abordable pour les producteurs  et un représentant d'un de nos concurrents indien. Vraiment le monde est petit, oh !!!

On arrive à Taabo en fin d’après-midi.  Le programme promettait un hébergement dans la cité de la CIE, une visite du barrage de Taabo et un moment détente à boire des bières autour de la piscine du club de la CIE. Mais les studios de la CIE sont soit disant occupés par un séminaire des agents de la Compagnie d’Electricité. Nous nous répartissons donc dans quatre petits hôtels de brousse. Le nôtre est le Muahé. C’est spartiate mais, soyons honnêtes, il y a un clim, de l’eau courante et même de l’eau chaude. Et puis literie et chambre sont raisonnablement propres.

L'ascension du Mont Orumbo Boca
L'ascension du Mont Orumbo Boca

Espace bar dans la cour. 

Nous sommes gâtés car c’est dans notre hôtel que se trouve la boite de nuit du coin ! Quelle chance. Heureusement elle est bien insonorisée et le climatiseur bow window couvrira le fond sonore.  La cage antivol de la télé est plus imposante que la taille de l’écran. !!!!

L'ascension du Mont Orumbo Boca

On se rendra vite compte que la CIE s’est moquée de nous. Le complexe est vide. Pas d’eau dans la piscine et bar fermé. Visiblement il n’y a pas plus de séminaire que de poils à la surface d’un œuf ! Tant pis, nous partons pour le barrage. En fait de visite on ne peut que traverser la digue au pas, sans s’arrêter et sans prendre de photos. Pas le droit de marcher à pied non plus.

L'ascension du Mont Orumbo Boca
L'ascension du Mont Orumbo Boca
L'ascension du Mont Orumbo Boca
L'ascension du Mont Orumbo Boca

Comme c’est moi qui ouvre la  route, je décide de m’arrêter au bout de la chaussée et d’aller marcher jusqu’au bord de l’eau. La retenue d’eau a été alevinée et il y a des poissons. Des pêcheurs rentrent. D’autres pirogues sont échouées sur la berge  Deux jeunes sont venus chercher de l’eau qu’ils ramèneront au village sur leurs bicyclettes

L'ascension du Mont Orumbo Boca
L'ascension du Mont Orumbo Boca
L'ascension du Mont Orumbo Boca
L'ascension du Mont Orumbo Boca
L'ascension du Mont Orumbo Boca

Deux enfants essayent d’écraser des libellules à l'aide de leurs tongues sous le regard amusé de Pierre. J'essaie de prendre les insectes en photo, sans plus de succès !!

L'ascension du Mont Orumbo Boca
L'ascension du Mont Orumbo Boca
L'ascension du Mont Orumbo Boca
L'ascension du Mont Orumbo Boca
L'ascension du Mont Orumbo Boca

Des kapokiers en fleurs à l’entrée du village. Une femme et ses jeunes enfants reviennent des champs en portant sur la tête du bois pour la cuisine. Je crois que je n’ai jamais vu une femme rentrer des champs sans porter, soit les produits qu’elle a récoltés pendant la journée, soit du bois pour la cuisine. Tous les trajets sont optimisés ! Et les enfants qui accompagnent sont toujours mis à contribution.  Les charges paraissent souvent bien lourdes pour les petites têtes !

En marchant, plusieurs femmes de notre groupe ont fait la connaissance de Bonaventure, le responsable des jeunes du village de Taabo. Il nous invite gentiment à faire un tour dans le village en sa compagnie.  On accepte volontiers. C'est pour moi une occasion de mieux connaitre ce village que j'ai souvent traversé en me rendant sur notre centre de Léléblé. Et puis, j’aime beaucoup les villages africains au petit soir. C’est l’heure à laquelle les paysans regagnent leurs logis après les activités dans les champs et il y règne une atmosphère très paisible. Les femmes préparent le repas du soir. Les enfants jouent en petits groupes dans les rues. C'est calme.

L'ascension du Mont Orumbo Boca
L'ascension du Mont Orumbo Boca
L'ascension du Mont Orumbo Boca

Rencontre avec Madame Dibi, une commerçante du village un peu surprise et amusée de voir tous ces étrangers s’attrouper autour de ses haricots.

Un peu plus loin, une dame propose des poissons pêchés dans le lac. Il y a là des petits machoirons et des petits tilapias. Les plus gros sont des poissons «Cameroun», sans doute une espèce introduite dans la retenue en appui aux pêcheurs.

Arrêt devant le magasin d'une coopérative qui est en train de tamiser et trier un chargement de cacao. Pendant qu'une partie d'entre nous discute avec les membres de la coopérative, un représentant de la chefferie viendra s’informer sur notre groupe : qui sommes-nous, d’où venons-nous ? Entretien cordial mais on sent quand même une certaine gêne de voir un tel groupe de visiteurs se promener dans le village sans prévenir. Peut-être ont-ils eu peur qu’il s’agisse d’une délégation officielle arrivée sans crier gare  ?

L'ascension du Mont Orumbo Boca
L'ascension du Mont Orumbo Boca
L'ascension du Mont Orumbo Boca

On finit par s’installer au maquis juste au pied du château d’eau. On monopolise toutes les chaises et tables. Bières, sucreries et, pour finir un peu de koutoukou ! Si bien que la nuit sous surprendra là.  Un lien vers un clip de zouglou que l’on entend souvent ici et qui ne s’applique pas à notre groupe !!!! Visionnez-le jusqu’à la fin. C’est top !!

Notre groupe ne passe pas inaperçu et, comme souvent une petite troupe d'enfants nous suit bruyamment. La musique du maquis les excite et le patron a du mal à les tenir à l'écart. Ils resteront à danser sur la dalle de  béton qui doit servir de piste de danse plus tard dans la soirée.

Finalement, heureusement que la piscine de la CIE était hors service. Ces moments imprévus dans le village étaient bien plus sympa que de rester à boire des bières dans un transat défraichi !!!

L'ascension du Mont Orumbo Boca
L'ascension du Mont Orumbo Boca
L'ascension du Mont Orumbo Boca
L'ascension du Mont Orumbo Boca

Retour aux voitures à la nuit tombée puis diner en groupe à la cantine de la CIE et retour à l’hôtel. Bon, comme il y a une boite de nuit dans nôtre hôtel, on se dit qu’autant en profiter avant d’en supporter les nuisances sonores cette nuit. On est donc quelques uns à aller boire un dernier verre. Il est encore trop tôt est la boite est quasiment vide. Il y a juste trois/quatre clients et seulement deux «go». Du coup les hommes dansent seuls, face au miroir mural en contemplant leur image ….. Drôle de concept !! Le niveau sonore est déjà élevé. Difficile de se parler.

Le lendemain matin, après un petit déjeuner, toujours à la cantine de la CIE, et après avoir récupéré le piquenique pour ce midi, nous partons en convoi pour le village de Kpouébo à une petite dizaine de kilomètres vers l’est.

L'ascension du Mont Orumbo Boca
L'ascension du Mont Orumbo Boca

Les kapokiers sont en train de fleurir, mais aussi les Cassias et surtout les Tulipiers du Gabon dont les fleurs orange sont vraiment remarquables.

On laisse les voitures dans le village et nous entamons l’ascension du mont Oroumbo Boca accompagnés de plusieurs guides du village sous la conduite de  Fernand. On grimpe au milieu de vielles plantations de cacaoyers. Quelques ilots de grands arbres laissent imaginer ce que devait être la forêt qui couvrait jadis cette montagne.

L'ascension du Mont Orumbo Boca
L'ascension du Mont Orumbo Boca
L'ascension du Mont Orumbo Boca

Le mont Orombo Boka est la montagne sacrée des baoulés. C’est en fait une colline double  dont le sommet tabulaire culmine à 527 mètres.

La pente est raide et tous les membres de notre groupe n’ont pas l’habitude de marcher ainsi. D’autant que comme nous avons eu un peu de mal à nous mettre en route ce matin (ce n’est pas vraiment surprenant avec un groupe aussi important), nous n’avons pas profité de la relative fraicheur matinale. Nous faisons donc une halte à côté d’une masse de cacao en fermentation. Sa petite taille montre bien le mauvais état des plantations de cacaos que nous traversons. Elles sont vielles et les arbres ont filé en hauteur. On voit peu de cabosses sur les arbres.

L'ascension du Mont Orumbo Boca
L'ascension du Mont Orumbo Boca
L'ascension du Mont Orumbo Boca
L'ascension du Mont Orumbo Boca
L'ascension du Mont Orumbo Boca

Fernand s’éclipse et revient avec un bidon de bandji. En fait, nous rencontrerons plusieurs villageois occupés à des travaux dans leurs plantations, à l’instar de celui-ci. Et chacune de ces rencontres seront autant d’occasions de goûter à cette bière de palme.

L'ascension du Mont Orumbo Boca

Le bandji est le résultat de la fermentation spontanée de la fève du palmier à huile. Les arbres sont abattus et un trou est creusé à la base du bouquet de palme pour recueillir la sève. Il n’y a plus qu’à attendre et la fermentation démarre très vite. Perso, j’aime moyennement quand la sève vient tout juste d’être recueillie et qu’elle n’a pas encore vraiment fermentée et pas du tout quand la bière est déjà bien avancée. Et puis je préfère nettement le jus de cacao frais.

L'ascension du Mont Orumbo Boca
L'ascension du Mont Orumbo Boca

Fleurs et papillons  vus au cours de la marche

L'ascension du Mont Orumbo BocaL'ascension du Mont Orumbo Boca
L'ascension du Mont Orumbo Boca

Un des collets que l'on trouvera sous les cacaoyers. Ils sont là pour attraper les écureuils (ou plutôt les rats palmistes). Est-ce pour les manger ou pour protéger les cabosses de cacao ? Peut-être bien les deux à la fois !

Petit détour pour arriver à un ruisseau qui court entre les cacaoyers. Il est petit mais il nous permet de nous rafraichir. Pas question de boire cette eau mais je plonge ma casquette dedans pour me rafraichir la tête.

L'ascension du Mont Orumbo Boca

Ce ruisseau saute une barre rocheuse d’un peu plus de deux mètres de hauteur.  Les villageois appellent cette chute un peu pompeusement : la cascade. Mais au moins nous pouvons nous de nouveau nous rafraichir. N’est-ce pas Pierre ?

L'ascension du Mont Orumbo Boca
L'ascension du Mont Orumbo Boca
L'ascension du Mont Orumbo Boca

Notre groupe n’avance pas vite et il est déjà midi passé lorsque nous atteignons la plaine herbeuse qui couvre le sommet de la montagne. Normalement, nous aurions dû continuer sur ce plateau pour redescendre par un autre côté. Mais les gens sont fatigués et il règne un certain ras le bol au sein du groupe. Du coup, on rebrousse chemin par la même voie jusqu’à un endroit propice pour pique-niquer sous les cacaoyers.

L'ascension du Mont Orumbo Boca

La descente est plus rapide. Nouvelles rencontres, et nouvelles gorgées de bandji, avec des paysans, qui ont laissé leurs bicyclettes en contrebas de la montagne.

L'ascension du Mont Orumbo Boca
L'ascension du Mont Orumbo Boca

Nous avons tous depuis longtemps épuisé les bouteilles d’eau emportées avec nous. Heureusement, de retour au village, les organisateurs sortent une glacière remplie de bouteilles de Coca et de Fanta glacées. Quel plaisir !!!

Il est maintenant temps de rentrer sur Abidjan. Nous reprenons l'autoroute en ordre dispersé.

 

Voici un lien vers la page Facebook d'Afric Art sur laquelle vous trouverez des photos de ces deux journées.

L'ascension du Mont Orumbo Boca
Tag(s) : #Taabo, #Oroumbo Boca, #Kpouébo, #Côte d'Ivoire

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