Après l’Est et le Centre, il me restait les centres de l’Ouest à voir. Ce que j’ai fait en deux temps. J’ai d’abord visité les centres de  Zegban et de Pauly Brousse lors d’une tournée avec un expert cacao et, bien évidemment, Mathieu le VIE. Je reposte une carte pour vous aider à vous repérer. Cette fois ci, suivez le trajet en jaune.

Première visite dans la "boucle du cacao"

Le 30 septembre nous quittons Abidjan par Youpougon pour rejoindre la fameuse ‘côtière’. Cette route bitumée relie Abidjan à San Pedro, le grand port de l’Ouest en logeant d’abord la lagune Ebrié puis la côte.  La route est large et le bitume en relativement bon état. Le trafic routier est relativement faible.

Petite crainte sur la réalisation de notre programme lorsque nous sommes bloqués derrière des taxis brousse. Rien de grave en fait. C’est juste une camionnette qui tire une voiture qui est partie dans le fossé. La route est vite dégagée.

Première visite dans la "boucle du cacao"
Première visite dans la "boucle du cacao"

Pendant les cents premiers kilomètres, on ne voit que des plantations industrielles. Des hévéas mais surtout les palmiers des sociétés comme PalmAfrique ou SIFCA. Sur une parcelle en fin de production, les palmiers ont été abattus. L’exploitant a laissé des 'alcoliseurs' abattre les arbres. Une fois le palmier à terre, ils vont récupérer la sève qui sera fermentée et distillée pour produire du Bangui, un alcool local apprécié.

La route, que tout le monde ici appelle 'La côtière' trace d'interminables lignes droites entre les plantations.

Première visite dans la "boucle du cacao"Première visite dans la "boucle du cacao"
Première visite dans la "boucle du cacao"

 

Voici Irobo et son unité de traitement  des noix de palme. Les chicanes sont les restes de la ‘crise’. Encore, ici, elles ont été peintes et sont bien visibles mais souvent ce sont des bois, de grosses souches, des blocs de pierre ou de ciment simplement disposées sur la chaussée sans aucun signalement. Anciens barrages, vrai ou faux postes de contrôle mais aussi, dispositifs pirates placés là par les habitants pour forcer les véhicules à ralentir pendant la traversée de leur village.   

 

Ce n’est qu’après la traversée du Bandana que le paysage change. Il est plus vallonné et quelques arbres sont visibles. On traversera même une forêt classée qui n’a pas encore fait place à des plantations. Par contre elle offre un terrain propice aux coupeurs de route ; d’autant que le revêtement de la route est fortement dégradé à cet endroit et oblige les véhicules à ralentir. L’armée est d’ailleurs présente pour garantir la sécurité. 

Première visite dans la "boucle du cacao"
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Premier arrêt, juste après le carrefour pour Fresco, sur le centre de fermentation de Zegban. On visite aussi une plantation derrière un petit hameau de cases en terre. On ne peut pas dire, en voyant ces habitations que les planteurs aient une vie facile. Il se dégage plutôt de ces habitations très simples et parfois délabrées, une atmosphère de pauvreté.

Nous croisons des jeunes filles qui rentrent au village avec des bassines de fèves fraiches sur leurs têtes. Un producteur de cacao doit être en train d’écabocher sur sa plantation. L’une d’elle est vraiment très jeune et toutes les trois devraient être à l’école. La bataille contre le travail des enfants et la scolarisation des filles n'est pas gagnée !!!

Première visite dans la "boucle du cacao"
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Le superviseur de la zone Ouest s’est organisé avec un maquis du carrefour de Fresco qui a cuisiné et vient nous servir sur le centre, du poulet  accompagné d’attiéké. Pour une fois, on déjeunera presque chaud.

Visite du centre de Pauli Brousse dans l’après-midi avant de gagner Sassandra où nous passerons la nuit à l’hôtel « le Pollet ».  Il est construit sur une colline et il domine la bourgade assoupie, qui s’est développée au fond de la baie. A l’aube, belle vue sur la plage et le petit port de pêche.

Première visite dans la "boucle du cacao"
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Le lendemain, notre programme est de visiter le centre de Gonémébéri sur le chemin du retour vers Abidjan. Il faut pour cela quitter la Côtière et emprunter la piste qui rejoint Gagnoa dans l’intérieur du pays. Bien qu’entretenue régulièrement cette piste est difficile et il n’est pas rare qu’elle soit coupée. C’est le cas aujourd’hui. Après avoir été ballotté une bonne heure nous devons nous arrêter derrière un ‘baka’. Ce sont les vielles camionnettes Renault qui assurent les liaisons avec les villages sur les pistes les plus difficiles.  Jetez donc un coup d’œil sur l’intérieur de celui-ci pour juger du confort qu’il apporte à ses passagers !!!!

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Celui-là attend que son collègue ressorte du bourbier dans lequel il vient de s’engluer. Les passagers, le chauffeur et ses apprentis ont délaissé le véhicule avec son chargement. Sur la galerie, une chèvre attachée la tête en bas pleure comme un bébé.

Voila l’autre baka. Il est bien planté et il barre le passage. Il va falloir un bon moment pour le dégager. Cette fois ci, nous ne passerons pas et nous jugeons plus raisonnable de rebrousser chemin.

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Retour au carrefour de Fresco. Autour de la station Shell, un petit village s’est développé, façon western. Le carrefour et la station essence font des carrefours comme celui-ci, des  arrêts privilégiés pour les bus, les taxis-brousse et les camionneurs. Maquis, vulcanisateurs, mécaniciens et vendeuses de fruits et de produits du village ont saisi l’opportunité. Nous choisissons de déjeuner dans le maquis de l’Etoile Plus avant de repartir pour Abidjan. Ici, l’ambiance doit être chaude certains soirs si l’on en juge par la décoration.

Première visite dans la "boucle du cacao"
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Je n’abandonne pas aussi facilement et je reviens dans l’ouest le 13 octobre toujours accompagné de Mathieu et d’un autre collègue. Cette fois ci nous n’aurons pas de problème pour atteindre le centre de Gonémébéri. Le centre est bien tenu et tourne bien. Il manque un peu de cacao mais beaucoup de plantations aux alentours sont dévastées par le swollen shoot. J’ai aussi un entretien intéressant avec le directeur de la coopérative qui approvisionne le centre.

Quelques frayeurs sur le chemin du retour. Nous sommes en effet bloqués derrière un camion et un baka dans une montée. Rien de grave. Le camion était tombé en panne de carburant. L’apprenti est parti à pied jusqu’au carrefour de Fresco et a ramené du gasoil. Le temps de purger l’air dans les tuyauteries et un baka est arrivé. Comme de juste, il a essayé de passer en force sur le côté et il s’est planté, bloquant tout passage. A notre arrivée, le camion redémarrait et après quelques minutes il dégageait le baka et la route. Nous n’aurons finalement perdu que peu de temps et nous rentrerons dans San-Pedro un peu avant 19 heures.

San-Pedro est le plus grand port cacaoyer d’Afrique et peut-être du monde. Beaucoup de bois est  aussi chargé depuis ses quais. C’est donc une petite ville très animée. Quand on rentre par l’est, on est dans la zone des industriels. Beaucoup de trafic dans  les rues. Partout des camions qui viennent décharger les sacs de fèves dans les nombreux entrepôts des exportateurs. Vous pouvez voir que les sacs qui arrivent de brousse sont pleins de trous. C’est qu’ils sont régulièrement sondés pour contrôler la qualité. En brousse c’est surtout l’humidité qui est surveillée. A l’arrivée comme ici, des fèves sont coupées en deux pour déceler la présence de moisissures, de fèves ardoisées ou violettes et autres défauts de fermentation. Elles sont aussi goutées pour déceler d'éventuels défauts comme des goûts de fumée.

 

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On loge à l’hôtel « les jardins d’Ivoire ». De grandes chambres, propres e confortables autour d’une piscine et d’un joli parc.  Il y a surtout un bon restaurant. Bonne cuisine italienne  mais pas recommandée pour la ligne !!!! De quoi se remettre des heures de piste.

 

Première visite dans la "boucle du cacao"

Le lendemain, visite de deux autres centres pas très loin de  de San-Pedro,  le long de la route qui part vers le Libéria. Admirez les branchements électriques dans le village de Bérébi. Du grand art non ?

 

Première visite dans la "boucle du cacao"

Côté art, la nature n’est pas en reste avec ces deux araignées. L’une avait tissé sa toile sur le centre sur le centre et la plus petite entre deux cacaoyers.

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Nous déjeunons sur le centre avec des ‘fougasses’ achetées à San Pedro. En fait des galettes fourrées à la viande et aux oignons. Décidemment, à chaque région, sa spécificité en ce qui concerne les en-cas pour le déjeuner.

Visite de parcelles.  Encore une fois, les pistes pour rejoindre les plantations sont étroites et pleines d’eau mais les chauffeurs en connaissent bien les pièges

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Nous retrouvons notre hôtel pur une dernière nuit à San-Pedro. Au diner : pavé de bar en croute de pommes de terre et ratatouille. Dur la brousse, je vous dis !!!!!

 

Mercredi : troisième jour de la tournée. Mon collègue nous a laissés et est rentré la veille sur Abidjan. Je poursuis donc avec Mathieu, le VIE, Pacôme, le superviseur de la zone et Ismaël le chauffeur. Nous remontons plein Nord pour faire étape à Dalao. Au passage nous visitons un nouveau centre de fermentation dans le village de Touih ainsi qu’une école familiale rurale que nous soutenons.  Visite rapide car nous avons une longue route ensuite.

Première visite dans la "boucle du cacao"
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La route est bitumée et le revêtement en bon état. Peu de trafic : des taxi-brousse et les inévitables grumiers qui sortent le bois vers San-Pedro. Le paysage est vallonné. Plus beaucoup de forêt visible. Beaucoup de cacao et d’hévéas. Des champs de riz et de maïs dans les bas-fonds. Les kapokiers et les cassias sont en fleurs. Encore une route qui trace son chemin en de longues lignes doites.

Première visite dans la "boucle du cacao"
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Aux alentours de Soubré, un premier inselberg granitique apparait.

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Nous passons la petite ville de Soubré avant d’atteindre Issia à 200 km de notre point de départ. L’entrée de cette bourgade de 80 000 habitants environ se repère de loin : un  château d’eau est construit sur un gros inselberg isolé dans la plaine. Il existe depuis 1990 un sanctuaire catholique au pied de ce rocher, avec une source à laquelle viennent puiser les croyants de toutes confessions, en particulier à l’occasion du Dimanche de la Miséricorde (une semaine après Pâque), à la Pentecôte et à l'Assomption.

 

Nous, nous nous contenterons d’un stop sur l’aire de la station essence à l’entrée de la ville pour détendre les jambes. En face : un garagiste en plein air et un vulcanisateur qui n’a pas besoin d’enseigne pour se faire voir !!!!

Première visite dans la "boucle du cacao"
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Nous sommes en pas bété, les partisans de l’ancien président de la République, Laurent Gbagbo.  Est-ce pour cela que l’entretien de la route semble délaissé ??? En tous les cas, entre Issia et Daloa, les herbes hautes qui bordent la voie ont envahi un bon tiers de la chaussée

 

 

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Nous rentrons dans Daloa en fin d’après-midi et nous partons à la recherche d’un hôtel où passer la nuit. C’est la troisième ville du pas mais il y a deux ministres en ville et les établissements les plus cotés sont pleins. Nous atterrissons finalement au Palace. Chambre spacieuse et confortable. Dommage que l’intérieur des placards si couverts de moisissures. Diner : poulet, carpe,  attiéké et frites au restaurant ‘le royaume’. Nous sommes  les seuls clients et il faut commander plusieurs heures à l’avance. Et pourtant l’hôtel auquel est rattaché ce restau est plein !!!

 

Mise à jour :

Lors de mon passage suivant en Mai, j'ai séjourné à l'Hôtel du royaume', l'hôtel 'ou vous êtes le roi' comme l'affirme un panneau à l'entére. Les chambres sont confortables et propres. Si vous y logez, essayez d'éviter les chambres au deuxième étage (celles qui donnent sur les arcades, cf la photo suivante) car la pression de l'eau est faible et il vous faudra vous doucher avec un filet d'eau.

Mention spéciale à la serveuse qui tient, toute seule le restaurant. Elle court depuis le service du petit déjeuner au service du diner et se met en quatre pour répondre aux demandes des clients comme d'aller chercher en ville les boissons qu'elle n'a pas dans son bar ou préparer, à 6 heures du mat et au débotté, dix sandwichs que nous avons oublié de commander la veille. Merci !!

Première visite dans la "boucle du cacao"
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En traversant la ville, j'ai remarqué plusieurs maquis de nuit à la devanture tapageuse à l'instar du 'Métal' ci dessus. Il faudra que je viienne y faire un tour un soir ... juste pour voir si les clients boivent leurs bières en écoutant du zouglou, du réggae ou du Métal !!!

Le jeudi, nous devons visiter notre centre le plus à l’ouest. Il est situé à Zagné, une sous-préfecture coincée entre la forêt classée du parc de tai et la frontière avec le Libéria.

L’ambassade de France n’a pas autorisé Mathieu à aller plus loin que Daloa. Entre Ebola et l’insécurité, ils ont estimé qu’il y avait trop de risques pour un VIE !!! Je pars donc avec Pacôme et Ismael. Par sécurité nous utiliserons quand même deux voitures. Ismaël ouvre la route.  Pacôme et moi nous le suivons à bonne distance mais en restant à vue.  Nous roulons d’abord plein ouest pendant une centaine de km. Bonne route bitumée. Il  a des camions et des bus, ce qui est rassurant : la voie est libre de coupeurs de route !! Nous traversons des paysages ouverts avec des hévéas et un peu de palmiers ainsi que des cultures de riz et de maïs dans les bas-fonds.

Les motos-tricycles sont de plus en plus nombreuses. Celui là, photographié à l'entrée de Déléya, est chargé ... au delà de toute prudence.

 

 

Première visite dans la "boucle du cacao"
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On  passe le bourg de Gregbeu et le carrefour de Déléya, où les femmes vendent du poisson séché et/ou fumé aux passagers des bus. Le poisson est pêché dans la retenue formée par le barrage de Buyo qui barre la Sassandra.

Première visite dans la "boucle du cacao"
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Mise à jour.

Je suis repassé au même endroit en Mai, soit 6 mois plus tard et le niveau de la retenue est nettement plus bas dégagenat une large plaine verdoyante.

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L’arrivée dans la ville de Duékoué est annoncée par les inselbergs qui apparaissent à l’horizon.

 

A un carrefour un peu avant l’entrée de la ville, un marché aux moutons s’est installé. On y trouve que des béliers blancs et les vendeurs sont des maliens et des Burkinabé qui sont venus pour la tabaski.

 

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Les Inselberg dominent la ville. Le matin, ils sont souvent dans la brume.

Il aurait été plus pratique de venir dormir ici mais il semble que cela ne soit pas recommandé pour les français. Il y a pourtant une base de l’ONUCI (http://www.un.org/fr/peacekeeping/missions/unoci/) à Duékoué.

La première fois nous avons traversé la ville sans nous arrêter mais, six mois plus tard nous avons été forcés d'y faire une halte d'une heure. En effet, peu après avoir quitté Daloa nous avons crevé.

Petite anecdote, alors que nos deux voitures étaient garées sur le bas côté warning allumés et que nous étions occupés à changer la roue, nous avons vu deux mercedes s'arreter. Deux officiers de gendarmerie, un lieutenant et un sergent chef,  en sont descendus et sont restés avec nous le temps de la réparation pour assurer notre sécurité dans 'une zone à risques' (Sic) Un ACMAT de la gendarmerie chargé d'une dizaine de gendarmes qui partaient en opération nous a dépassé. ... Ambiance !!!!

Cela pour vous expliquer que arrivés à Douékoué, nous avons cherché à faire réparer la roue crevée ... impossible car, en fait c'est un gougeon de roue entier qui avait pénétré à l'intérieur du pneu tubeless. On parle quand même d'un boulon d'un quinzaine de centimètres de long et 'd'un demi centimètre de diamètre !!! Forcément, ça a fait des dégâts et le pneu n'était pas réparable. Impossible de trouver des pneux neufs pour 4X4 à Duekoué mais en cherchant parmi les revendeurs de pneux d'occasion nous sommes tombés sur un pneu 'auu revoir la France'  quasiment identique à ceux montés sur ma Pajero. Le propriétaire étant au Burkina, il a fallu en négocier le prix  par téléphone.

Bon cela m'a laisser tout le loisir de photographier ce débit de Nescafé ambulant. On en trouve partout en Côte d'Ivoire, y compris sur Abidjan. Sympa, non ?

 

 

 

 

 

Première visite dans la "boucle du cacao"
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Ce manège de soutien-gorge a été pris surle marché près de la gare routière.

A la sortie de la ville nous laission la route principale qui remonte au Nord vers la cuvette de man et nous descendons vers le sud. Encore  km de bon goudron pour rejoindre Guiglo. Juste avant on traverse le Nzo, lui aussi barré par le barrage de Buyo. 

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Peu après la sortie de Guiglo, nous quittons la route bitumée qui poursuit à l'Ouest vers Toullepleu et le Libéria et nous bifurquons vers le sud pour emprunter une piste qui longe le parc de Taï pour atteindre Zagné.

Les paysages sont beaucoup plus boisés. Peu de plantations visibles et aucun cacaoyer. La piste est relativement bonne. On double une patrouille de soldats marocains de l’ONUCI : deux pick-up armés de mitrailleuses légères.

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Nous sommes presque arrivés à destination quand nous sommes bloqués à un ‘barrage’. Juste à la sortie d’un hameau, et alors qu’il y avait des flics en position quelques centaines de mètres avant, une équipe de 4 personnes fait semblant de s’activer autour d’un passage busée en réfection. Un semi-remorque de cacao est planté dans la boue et barre une moitié de la vie. On pourrait passer sur l’autre moitié mais un chargeur à godet est parqué là et bloque le passage. Le chauffeur et le pseudo chef de chantier sont là mais refusent de faire bouger l’engin tandis que des jeunes pas du tout avenants insistent lourdement pour nous faire prendre une déviation par la forêt. Ismaël n’a pas confiance du tout d’autant que le chef de centre que nous allons voir ne sait rien de cette déviation. On palabre et le ton monte quand la patrouille de l’ONUCI se pointe …. Et le passage s’ouvre instantanément !!!!

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On arrive finalement sans encombre au centre de fermentation. Je le visite et discute avec nos agents qui sont contents de recevoir de la visite et de montrer leur travail. Je rencontre aussi la coopérative qui approvisionne le centre pour un entretien chaleureux. Malheureusement je suis obligé de faire tout cela en gardant un œil sur la montre et Ismaël se montrera un gardien du temps intraitable. C’est que nous devons rentrer à Daloa e qu’il est complétement hors de question de rouler après la tombée du jour.

 

Au retour, on retrouvera le même barrage au même endroit. Les mêmes jeunes, mais avec plusieurs grammes d’alcool dans le sang en plus, ont tendu un ruban de signalisation de chantier noir et jaune en travers de la piste pour forcer les voitures à prendre la fameuse déviation en arguant qu’il n’ y a pas de passage. On l’envoie balader (je reste poli) e nous ignorons ses injonctions. Un taxi nous emboite le pas sans hésiter lui non plus. Nous passerons tous sans la moindre encombre le pseudo chantier. On ne saura jamais si la déviation était ou n'était pas un piège

 

Entre Doukué et Daloa , il y a du monde sur la route,: des femmes et des hommes qui rentrent avec des charges de bois sur la tête ou sur le porte-bagages de leur bicyclette. Nous croisons aussi des régimes de bananes plantains. C’est lourd !!!!

 

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Le  vendredi matin, nous décollons de Daloa à 8 heures avec Mathieu que nous avons retrouvés la veille au soir. Pacôme reste sur place pour poursuivre son travail dans la zone. A la sortie de la ville, un des policiers en poste au barrage nous arrête. Il essaie de nous soutirer des sous. Puis, voyant que les papiers de la voiture sont au nom de Cemoi, il demande des échantillons de chocolat. Toujours bredouille, il inspecte l’intérieur de la voiture du regard à la recherche de ce qu’il pourrait bien nous taxer. Et il tombe sur le paquet de biscuits Lu. Comme nous lui répondons que nous ne pouvons pas le lui donner car ce sera notre casse-croûte de midi, il s’exclame incrédule : « vous partez en brousse avec seulement un paquet de biscuits ???? Dépité il nous laisse partir et s’éloigne alors que nous éclatons de rire

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Nous roulons vers l’Est. 80 km de bon goudron avant de passer Bouaflé puis, après 80 km supplémentaires, d’entrer, dans Yamoussoukro. Les paysages sont ouverts, relativement plats et très agricoles avec des champs de riz et de maïs, des parcelles de gombos et des vergers de plantains. Les anacardiers remplacent cacao et hévéas.

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A chaque village, à chaque hameau, des femmes proposent des régimes de bananes plantain. Avec le manioc amer dont on tire l’atiéké, la banane plantain est la base de l’alimentation des ivoiriens. Et Dalao est l’épicentre de sa production. Il est inconcevable pour un ivoirien de rentrer sur Abidjan sans ramener des plantains à distribuer à la famille et aux amis. Ismaël se contentera de six régimes et Mathieu d’un seul mais, devant nous, l’employé d’une agence d’état charge son pick-up à bloc. Plus on se rapproche d’Abidjan et plus le prix de la main augmente et plus les mains sont petites !!!!

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Là ce sont des noix de palme

Quand je repasserai par là, six mois plus tard, il y aura nettement moins de plantains le long de la route et les femmes proposeront des tubercules de manioc (à moins que ce ne soient de l'ignames, je n'arrive toujours pas à les distinguer avec certitude), des oranges et des avocats. il y a souvent des avocatiers au mileiu des plantations et, en mai, c'est la pleine saison des avocats. il n'est pas rare que nous revenions avec un sac plein d'une visite de plantation.

 

 

Première visite dans la "boucle du cacao"
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Des nids de tisserins avec l'ouverture vers le bas.

 

Le village de Bonon entre Daloa et Bouaflé. A la sortie, un maquis bar qui fait honneur aux planteurs de cacao.

 

 

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mise à jour de mai 2015 : un flamboyant en fleur entre Bonon et Bouafflé.

 

Sortie des écoliers à Bouaflé.

Première visite dans la "boucle du cacao"

 

 

Il n’est pas encore midi quand nous entrons dans Yamoussoukro. Nous passons devant la Basilique, le lac aux crocodiles et la Mosquée. Pas d’arrêt prolongé. Juste une pause déjeuner. Je déconseille d'ailleurs, le restaurant ‘la Brise’ où nous avons mangé. La cuisine est très moyenne et le prix du sachet de Nescafé …. a du mal à passer.

 

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Il reste 180 km pour rejoindre Abidjan et boucler notre périple. Mais c’est de l’autoroute et le revêtement en est pratiquement neuf.

 

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Tag(s) : #Côte d'Ivoire, #Sassandra, #San Pedro, #Daloa, #Yamoussoukro

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